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Méthode Design thinking (2/3) : L'innovation collaborative


Au 19ème siècle, l’innovation était conduite par les ingénieurs. Elle était guidée par la technologie et son amélioration continue. Dans la seconde partie du 20ème siècle, l’innovation est devenue également une compétence du marketing, guidée par la marque et l’engagement des consommateurs. Aujourd’hui, nous sommes passés à l’ère de l’innovation expérientielle, guidée par les attentes utilisateurs et les usages. Or, les mutations technologiques et sociétales de notre monde sont trop complexes pour qu’un seul type de compétence dans l’entreprise détienne la solution. Il est donc devenu indispensable de développer de nouvelles façons d'aborder l’innovation, en s’appuyant sur des équipes pluridisciplinaires qui vont favoriser la créativité par l’intelligence collective.


C’est ainsi que diverses initiatives émergent dans les grandes entreprises depuis quelques années, comme l’organisation de challenges internes ou la création d’incubateurs. Ces derniers, implantés dans des espaces internes, sont aménagés avec du mobilier et des couleurs en rupture par rapport aux codes traditionnels de l'entreprise, favorisant ainsi la déconnexion et l’ouverture d’esprit. L’agencement des volumes est lui aussi repensé pour provoquer les rencontres et initier l’envie d’explorer ensemble. Car finalement qui mieux que les salariés de l’entreprise pour révéler les attentes des clients et porter les projets ?


D'autres solutions existent aussi à l'extérieur de l'entreprise. On parle alors d’Open innovation. Ce sont des lieux comme « station F » à Paris ou plus récemment « thecamp » près d’Aix-en-Provence. Véritables campus partagés, à mi-chemin entre université, centre de recherche, lieu d'expérimentation et incubateur. Ces endroits facilitent la connexion de l’entreprise avec de nouveaux acteurs réunis sous un même toit (experts, chercheurs, étudiants, startups…) et multiplient les occasions de collaborer avec son écosystème.


Ainsi des entreprises comme Sodexo, Accor, SNCF gare et connexion et Vinci Energies mettent en commun leurs ressources pour travailler sur les lieux de vie du futur. Car, au-delà du partage des connaissances ou de l’information, l’objet de cette collaboration est de dépasser chaque projet particulier en créant une vision partagée, capable de faire émerger des intérêts communs.


Toutefois, ce type d’initiatives collaboratives reste encore difficile à mettre en place au sein des grandes entreprises. Elles se retrouvent bien souvent enfermées dans leur mode de fonctionnement traditionnel. Celui-ci, construit généralement d’après une logique de production de masse, héritée de Taylor et de Ford, favorise le cloisonnement et la verticalité managériale, ce qui laisse peu de place à l’action collective. Dès lors, comment insuffler cet esprit collaboratif ? Sans compter que, la formation de la plupart des managers de ces entreprises, a été dispensée à une époque où le travail d'équipe n'était pas essentiel.


Face à ce défi, le design thinking en tant que méthode créative présente de nombreux atouts.


Par sa manière d’aborder un projet, le design est particulièrement adapté pour décloisonner les silos dans l’entreprise. En réunissant l’ensemble des parties prenantes au plus tôt dans le processus, le design facilite la pensée intégrative. C’est-à-dire qu’il permet aux participants d’intégrer les points de vue de chacun - parfois contradictoires - (celui des collègues, des clients, du marché…) et développe une ouverture d’esprit indispensable pour aboutir à une vision partagée. Car le risque le plus fréquent dans le management d’un projet transverse est la recherche du « compromis à tout prix » : c’est le moment où, pour éviter tout conflit, chacun coopère à minima sans réellement s’engager dans le projet. Tous s’accordent alors autour des idées les plus faciles à mettre en place et chacun fini par se replier sur son expertise et ses habitudes de travail. Difficile, dans ces conditions, d’apporter une réponse satisfaisante.


En réalité il s’agit, à cette étape, de mettre en place une culture et un langage communs au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Cependant, cela n’a rien d’évident et le décréter ne suffit pas pour que la magie opère. Bien au contraire, cela se prépare soigneusement et nécessite une connaissance fine de la culture de l’entreprise, de son organisation et de sa politique managériale.


C'est pourquoi, pour faciliter la communication et l’interaction au sein de l’équipe, l’utilisation du design thinking en tant que méthode créative apporte une vraie valeur ajoutée. En utilisant des outils d’expression variés (collages, storyboards, sketch, croquis, modelage…), il va permettre au groupe de dépasser le mode de fonctionnement habituel qui peut parfois enfermer les individus dans leur raisonnement. En s’appuyant sur des techniques de conception participative lors d'ateliers, le groupe sera invité à créer des artefacts (prototypes). Ainsi, chacun pourra au travers de cette approche, exprimer ce qu'il a parfois du mal à expliquer par des mots.


Une maquette vaut mille PowerPoint.


Loin d’être des gadgets, ces outils de médiation permettent d’explorer des idées et tester des scenarii d’usages complexes, en y intégrant les notions d'espace, de temporalité et de narration qui peuvent parfois manquer aux méthodes plus traditionnelles.

Ce qui nous amène à un dernier point incontournable quand on parle aujourd’hui d’innovation : le « test & learn ». Point que nous aborderons dans un prochain article.


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